Ce que le goji demande vraiment
Le goji vient des régions sèches du nord-ouest de la Chine, où les étés sont chauds, les hivers rudes et les pluies rares. Il s'est pourtant installé en Europe depuis longtemps, dans des haies, sur des talus ou d'anciens murs, et même sur certaines dunes du littoral de la mer du Nord, où il a été planté pour tenir le sable. Autant dire qu'il n'est pas difficile.
Ses vraies exigences tiennent en deux mots : lumière et drainage. Le reste, il s'en accommode. Il pousse en terre calcaire comme en terre légèrement acide, accepte un sol pauvre, résiste au vent et passe nos hivers sans voile ni paillage particulier. Il supporte même des froids bien plus marqués que ceux que l'on connaît en plaine.
Le soleil d'abord
Un goji planté à l'ombre d'un grand arbre ou au pied d'un mur exposé au nord fera des tiges, beaucoup de feuilles, et presque pas de fleurs. Comptez six heures de soleil direct par jour au minimum pendant la belle saison, davantage si possible.
Pour repérer le bon endroit, observez votre jardin un jour de juin à trois moments : en milieu de matinée, vers 13 heures et en fin d'après-midi. L'endroit qui est au soleil aux trois passages est le bon. Un mur clair exposé au sud ou à l'ouest renvoie en plus de la chaleur, ce qui avance un peu la maturité des baies.
Le vent ne gêne guère l'arbuste lui-même, mais il couche les longues tiges chargées de fruits. Dans un jardin très exposé, un tuteur ou un fil de palissage règle la question.

Le test du trou d'eau
Avant de planter, faites ce test tout simple, de préférence en automne ou en hiver, quand la terre est bien humide. Creusez un trou de 30 cm de profondeur à l'emplacement prévu, remplissez-le d'eau et revenez le lendemain.
- Le trou est vide : le drainage est bon, vous pouvez planter normalement.
- Il reste un fond d'eau : plantez sur une butte de 20 à 30 cm et mélangez du gravier à la terre.
- Le trou est encore plein : choisissez un autre endroit, ou cultivez le goji en grand pot.
Ce test dit beaucoup plus qu'une analyse de sol pour cette plante. Un goji meurt rarement de faim, mais il dépérit vite quand ses racines baignent pendant des semaines.
Les sols belges, un par un
La Belgique offre en peu de kilomètres des terres très différentes. Voici comment le goji s'y comporte, dans les grandes lignes.
| Type de sol | Où on le trouve souvent | Ce qu'il faut faire |
|---|---|---|
| Limon profond | plateaux du centre du pays | Rien de particulier : c'est presque l'idéal, à condition que le sol ne soit pas tassé. |
| Sable léger | Campine, une partie des Flandres | Ajouter du compost à la plantation, pailler et arroser la première année. |
| Argile lourde | polders, fonds de vallée, certaines prairies | Planter sur butte, mélanger du gravier, ne jamais travailler la terre détrempée. |
| Sol calcaire et caillouteux | Condroz, Famenne, coteaux de la Meuse | Très bien toléré : un peu de compost suffit. |
| Sol acide et froid | Ardenne | Possible en situation ensoleillée et abritée, avec une récolte plus tardive. |
Si vous connaissez le pH de votre terre, sachez que le goji vit bien entre 6 et 8, avec une nette préférence pour les terres neutres à calcaires. Inutile de chaux ni de terre de bruyère : il s'adapte.

Notre climat, un atout ou un frein ?
Notre climat océanique, doux et humide, change surtout deux choses par rapport aux régions d'origine. La première, c'est la maturité : les baies rougissent un peu plus tard, en général d'août à octobre, parfois dès la fin juillet dans un coin chaud. La seconde, c'est l'humidité : les étés pluvieux favorisent l'oïdium sur les feuilles et rendent le séchage des baies à l'air libre hasardeux. Pour le reste, la régularité des pluies est plutôt un avantage : passée la première année, on n'arrose presque jamais un goji en pleine terre.
En Ardenne et sur les hauts plateaux, les gelées arrivent plus tôt à l'automne. Le goji n'en souffre pas, mais les dernières fleurs n'auront pas le temps de donner des fruits. Un emplacement abrité contre un mur au sud compense en partie ce décalage. L'Institut royal météorologique publie le climat de chaque commune : un bon moyen de savoir où vous vous situez.

Engrais, paillage, arrosage : le strict nécessaire
Le goji n'a pas besoin d'engrais. Trop d'azote, et vous obtiendrez une jungle de tiges tendres, plus sensibles aux pucerons et à l'oïdium, avec peu de fleurs. Une pelletée de compost au pied chaque fin d'hiver suffit largement.
Le paillage, en revanche, rend service en sol sableux : feuilles mortes, tontes sèches ou broyat de branches gardent la fraîcheur et nourrissent doucement la terre. En sol argileux, on paille plus léger, pour ne pas garder trop d'humidité au pied en hiver.
Une fois le terrain choisi, la suite se passe dans la fiche planter et tailler. Et si vous n'avez qu'une terrasse, la culture en pot contourne tous les problèmes de sol.
Repères de jardinier amateur, à adapter à votre terrain : deux jardins voisins ne se comportent jamais tout à fait pareil.