Choisir la place
Le plein soleil fait toute la différence. À mi-ombre, l'arbuste pousse, parfois même vigoureusement, mais il fleurit peu et donne donc peu. Visez au moins six heures de soleil direct par jour en été : un mur exposé au sud ou à l'ouest, une bordure de potager dégagée, une haie libre en limite de terrain.
Pensez aussi à la suite. Le goji forme en quelques années une touffe de tiges souples et retombantes, haute de 1,5 à 2,5 m, et il émet des rejets à partir de ses racines. Évitez donc de le planter contre une terrasse dallée ou au milieu d'une plate-bande vivace que vous ne voulez pas voir envahie. Un coin où l'on peut tourner autour, sécateur en main, convient beaucoup mieux.
Si votre terrain est lourd, humide ou très ombragé, faites d'abord un tour par la fiche sol et exposition : c'est là que se jouent la plupart des échecs.
Préparer le trou
Creusez un trou deux fois plus large que la motte et un peu plus profond, puis ameublissez le fond à la fourche. Le goji n'aime pas les sols riches et compacts : un peu de compost bien décomposé mélangé à la terre suffit, inutile d'ajouter du fumier frais ou de l'engrais.
En terre argileuse qui garde l'eau l'hiver, deux solutions. Soit vous ajoutez une bonne couche de gravier au fond et vous mélangez du sable grossier à la terre de remplissage. Soit, plus simple et plus efficace, vous plantez sur une petite butte de 20 à 30 cm, qui laissera l'eau s'écouler loin du collet.
Planter et arroser
Les deux meilleures périodes sont octobre-novembre, quand la terre est encore tiède et que les pluies reviennent, et mars-avril, avant le départ de la végétation. Un plant vendu en conteneur peut se planter en dehors de ces fenêtres, à condition d'éviter les périodes de gel et les fortes chaleurs.
Posez la motte de façon à ce que le haut du terreau arrive au niveau du sol, comblez, tassez du pied, puis arrosez copieusement, même s'il pleut : une dizaine de litres pour chasser l'air autour des racines. La première année, un arrosage par semaine en période sèche aide l'enracinement. Ensuite, sous notre climat, le goji se débrouille presque toujours seul.
Comptez environ 1,5 m entre deux pieds. Pour une haie fruitière continue, on peut descendre à un mètre.
Former l'arbuste la première année
Juste après la plantation, choisissez trois à cinq tiges vigoureuses et bien réparties : elles formeront la charpente. Les autres sont coupées à la base. Si vous voulez un port plus net, palissez les tiges principales sur un tuteur solide ou sur un fil tendu, un peu comme on le ferait pour une ronce sans épines.
Pendant le premier été, pincez l'extrémité des tiges quand elles atteignent 50 à 60 cm. Ce geste simple, fait avec l'ongle, oblige la plante à se ramifier. Plus de rameaux latéraux, c'est plus de fleurs, donc plus de baies les années suivantes.
La taille de chaque hiver
En février ou au début de mars, hors période de gel, on reprend le sécateur. D'abord le bois mort, les rameaux abîmés et ceux qui se croisent au centre. Ensuite, on raccourcit d'un tiers environ les longues pousses de l'année précédente, juste au-dessus d'un bourgeon tourné vers l'extérieur.
N'y allez pas trop fort : les fleurs apparaissent sur les pousses de l'année et sur le bois d'un an. Une taille sévère donne un bel arbuste compact, mais une récolte maigre. À partir de la quatrième ou cinquième année, supprimez à la base une ou deux des plus vieilles tiges, devenues grises et peu productives, pour laisser la place aux jeunes.
En été, une petite taille d'éclaircissage aère le centre de la touffe. Elle limite l'oïdium par temps lourd et facilite la cueillette. Les maladies et ravageurs du goji restent d'ailleurs rares sur un arbuste bien aéré.
Contenir les rejets
Le goji drageonne : il émet des pousses à partir de ses racines, parfois à un mètre du pied. Au printemps, arrachez-les d'un coup sec plutôt que de les couper au ras du sol, sinon elles repartent de plus belle. Dans une petite parcelle, une barrière anti-racines enterrée sur 40 à 50 cm autour du pied évite bien des soucis.
Ces rejets ont aussi un bon côté : prélevés avec un morceau de racine, ils se replantent facilement. C'est la façon la plus rapide d'agrandir une haie ou d'offrir un pied à un voisin, comme l'explique la fiche pour multiplier ses plants.
Repères de jardinier amateur, à adapter à votre terrain : deux jardins voisins ne se comportent jamais tout à fait pareil.