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Un goji au jardin

Accueil / Multiplier le goji

Fiche n° 6 · un pied en donne dix

Multiplier le goji : boutures, rejets, marcottes et semis

Le goji fait partie de ces arbustes qui se multiplient presque tout seuls. Un pied adulte suffit pour garnir une haie, remplacer un vieux sujet ou faire des heureux autour de soi. Voici cinq méthodes, de la plus sûre à la plus aventureuse.

  1. Le rejet, la méthode la plus simple

    Le goji émet naturellement des pousses à partir de ses racines, parfois à plus d'un mètre du pied. Ces rejets sont de petits plants tout faits. Au printemps, quand ils mesurent 20 à 30 cm, dégagez la terre à leur base à la bêche et coupez la racine qui les relie au pied mère, en gardant le plus de radicelles possible.

    Replantez aussitôt, à l'endroit définitif ou dans un pot de trois à cinq litres, et arrosez bien. Le taux de réussite est excellent, et le jeune plant est identique au pied d'origine : s'il s'agit d'une variété à gros fruits, vous la conservez. C'est aussi une bonne façon de transformer une contrainte en avantage, comme l'explique la fiche planter et tailler au sujet des rejets.

  2. La bouture d'été

    De juin à août, prélevez des tiges de l'année encore souples mais déjà un peu fermes à la base, longues de 10 à 15 cm. Coupez juste sous une feuille, retirez les feuilles du bas pour ne garder que trois ou quatre feuilles au sommet, et piquez les boutures sur la moitié de leur longueur dans un mélange de terreau et de sable.

    Placez le pot à la lumière, mais jamais en plein soleil, et gardez le substrat juste humide. Un sac plastique transparent posé par-dessus, ouvert quelques minutes chaque jour, maintient l'humidité de l'air. Les racines apparaissent en général en trois à cinq semaines. Une bouture qui se met à faire de nouvelles feuilles a gagné.

  3. La bouture de bois sec, en fin d'hiver

    Au moment de la taille, en février ou au début de mars, ne jetez pas tous les rameaux coupés. Choisissez des tronçons de bois d'un an, de la grosseur d'un crayon, et coupez-les en sections de 20 cm, en biais au sommet pour ne pas se tromper de sens.

    Enterrez-les aux deux tiers, directement dans un coin de potager meuble et ombragé, ou dans un grand pot de terreau sableux. Il n'y a plus qu'à oublier, en gardant la terre fraîche au printemps. Une partie des boutures démarre en avril-mai ; on les laisse en place jusqu'à l'automne avant de les repiquer. Le taux de réussite est moins élevé qu'en été, mais l'effort est presque nul.

  4. Le marcottage, sans couper

    Les longues tiges retombantes du goji se prêtent naturellement au marcottage. Au printemps, courbez une tige souple jusqu'au sol, griffez légèrement l'écorce sur quelques centimètres à l'endroit qui touchera la terre, enterrez cette partie dans un petit trou et maintenez-la avec un crochet ou une pierre. Laissez dépasser l'extrémité.

    La tige reste nourrie par le pied mère pendant qu'elle forme ses racines. À l'automne ou au printemps suivant, il suffit de la sevrer d'un coup de sécateur et de la replanter. C'est la méthode idéale pour qui n'a ni serre ni rebord de fenêtre libre.

  5. Le semis, pour les curieux

    On peut semer les graines contenues dans les baies fraîches et bien mûres. Écrasez quelques baies dans un peu d'eau, récupérez les petites graines claires qui tombent au fond, rincez-les et laissez-les sécher une journée. Les graines de baies sèches du commerce germent aussi, après une nuit de trempage dans de l'eau tiède, mais avec des résultats plus irréguliers.

    Semez en mars-avril, à l'intérieur, dans une terrine de terreau fin, en couvrant à peine les graines. À 20 ou 25 °C, avec une terre humide mais pas trempée, les premières pousses sortent en une à trois semaines. Repiquez en godets individuels quand les plantules ont quatre vraies feuilles, puis installez-les dehors après les dernières gelées.

    Gardez en tête deux limites. Les plants de semis mettent souvent trois ans à donner une première récolte. Et ils ne reproduisent pas fidèlement leurs parents : taille et goût des baies peuvent varier d'un pied à l'autre. C'est le jeu, et parfois une belle surprise.

  6. Quelle méthode choisir ?

    Pour un ou deux plants identiques au pied d'origine, le rejet ou la marcotte suffisent, sans matériel. Pour une haie entière, les boutures d'été donnent le plus de plants en une fois. Le semis, enfin, reste une affaire de curiosité et de patience, avec son lot de surprises.

  7. Élever les jeunes plants

    Quelle que soit la méthode, un jeune goji passe sa première année au calme : en pot à l'abri du plein soleil de midi, ou en pépinière dans un coin du potager, avec des arrosages réguliers. Pincez l'extrémité quand il atteint 30 à 40 cm pour qu'il se ramifie.

    À l'automne suivant, il est prêt à rejoindre sa place définitive, choisie d'après les conseils de la fiche sol et exposition. Et si vous avez réussi vos boutures au-delà de vos espérances, le goji fait une excellente haie fruitière.

Repères de jardinier amateur, à adapter à votre terrain : deux jardins voisins ne se comportent jamais tout à fait pareil.