Le bon contenant
Le goji développe un système racinaire important. Dans un pot de dix litres, il survit, mais il ne fructifie guère. Prévoyez un bac de 40 litres au minimum, 50 à 60 si vous le pouvez, avec au moins 40 cm de profondeur.
La matière compte moins que le volume. La terre cuite respire et évite l'excès d'eau, mais elle sèche vite en été et peut se fendre au gel si elle n'est pas garantie ingélive. Le plastique épais et le bois garde mieux la fraîcheur. Dans tous les cas, il faut des trous d'évacuation au fond, et des cales ou des pieds pour que l'eau s'écoule librement.
Un terreau qui draine
Le terreau universel seul garde trop d'eau pendant nos hivers humides. Mélangez-le à environ un tiers de matériaux drainants : gravier fin, pouzzolane ou billes d'argile. Ajoutez une ou deux poignées de compost mûr, et une couche de gravier au fond du bac pour protéger les trous d'évacuation.
Le goji accepte bien un substrat un peu calcaire : inutile d'acheter un terreau spécial pour arbustes de terre de bruyère, qui serait au contraire trop acide.
La meilleure place
Sur un balcon, cherchez l'endroit qui reçoit le plus de soleil direct, idéalement au sud ou à l'ouest. Un balcon au nord, ou très encaissé entre deux façades, donnera un joli feuillage mais très peu de baies.
Pensez aussi au vent. Aux étages élevés, les rafales couchent les longues tiges souples et peuvent renverser un bac trop léger. Un tuteur discret, ou quelques attaches souples à la rambarde, tiennent l'ensemble. Vérifiez au passage que la charge reste raisonnable : un bac de 50 litres de terre mouillée pèse vite plus de 60 kg. En cas de doute sur un vieux balcon, mieux vaut demander au propriétaire ou au syndic.
Arroser sans noyer
C'est le point délicat de la culture en pot. Le goji n'aime pas avoir les racines dans l'eau, mais un bac exposé plein sud sèche en quelques jours d'été.
La règle est simple : on enfonce un doigt dans la terre. Sec sur deux ou trois centimètres, on arrose copieusement, jusqu'à ce que l'eau ressorte par le dessous. Encore frais, on attend. En pleine chaleur, cela peut signifier un arrosage tous les deux jours ; en automne, une fois par semaine ; en hiver, presque jamais, sauf longue période sans pluie si le balcon est couvert.
Ne laissez jamais d'eau stagner dans la soucoupe, surtout l'hiver. Un paillis de quelques centimètres sur le terreau, en écorces ou en billes d'argile, limite l'évaporation en été.
Nourrir et tailler en pot
Dans un volume de terre limité, les réserves s'épuisent. Chaque printemps, grattez les premiers centimètres de terreau et remplacez-les par du compost : c'est le surfaçage. Un engrais organique pour arbustes à fruits, à faible dose, peut compléter en mai, mais sans excès : trop d'azote fait des feuilles, pas des fleurs.
La taille suit les mêmes principes qu'en pleine terre, décrits dans la fiche planter et tailler, mais on garde l'arbuste plus compact : quatre ou cinq tiges, raccourcies chaque fin d'hiver pour rester à hauteur de main. Tous les deux ou trois ans, on rempote dans un bac un peu plus grand, ou on taille légèrement les racines en périphérie avant de remettre du terreau neuf.
Passer l'hiver
En pleine terre, le goji ne craint pas nos hivers. En pot, ce sont les racines qui sont exposées : le froid traverse les parois. Lors des vagues de gel prolongé, rapprochez le bac du mur de la façade, surélevez-le sur des cales, et entourez-le d'une toile de jute ou d'un carton épais. Inutile de protéger les tiges, qui supportent très bien le froid.
L'arbuste perd ses feuilles en automne et paraît alors bien triste. C'est normal : ses bourgeons repartiront au printemps, souvent dès la fin mars sur un balcon abrité et ensoleillé.
Les erreurs les plus fréquentes
La première, c'est le pot trop petit, acheté avec le plant et jamais remplacé : l'arbuste végète, jaunit en été et ne fleurit presque pas. La deuxième, c'est la soucoupe pleine d'eau tout l'hiver, qui asphyxie les racines. La troisième, enfin, c'est la place à mi-ombre, choisie parce qu'elle était libre. Corriger ces trois points suffit, la plupart du temps, à relancer un goji en bac qui déçoit.
Ce que l'on peut espérer
En pot, la récolte reste plus modeste qu'en pleine terre, de l'ordre de quelques belles poignées par semaine au plus fort de la saison, à partir de la deuxième ou troisième année. C'est assez pour croquer des baies fraîches à l'apéritif, en parsemer un yaourt ou préparer un petit coulis. Les idées ne manquent pas dans la fiche cuisiner le goji, et la récolte au fil des jours a aussi sa méthode.
Repères de jardinier amateur, à adapter à votre terrain : deux jardins voisins ne se comportent jamais tout à fait pareil.