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Un goji au jardin

Accueil / Choisir ses variétés

Fiche n° 3 · au rayon des plants

Quelle variété de goji planter, et comment choisir un bon plant

Sous le nom de goji, les jardineries vendent en réalité plusieurs plantes, et des étiquettes parfois approximatives. Voici comment s'y retrouver, ce qui pousse bien chez nous, et à quoi ressemble un plant qui vaut son prix.

  1. Deux espèces sous un même nom

    Le goji appartient au genre Lycium, dans la famille des solanacées, celle de la tomate et de la pomme de terre. En français, on parle de lyciet. Deux espèces portent le nom de goji.

    Lycium barbarum, le lyciet commun, est celui des grandes plantations du nord-ouest de la Chine. Ses feuilles sont étroites et allongées, ses baies ovales, d'un rouge orangé, longues d'un à deux centimètres. C'est l'espèce la plus vendue chez nous, et celle qui donne les plus beaux fruits.

    Lycium chinense, le lyciet de Chine, forme un arbuste plus étalé, aux feuilles un peu plus larges, aux baies souvent plus petites. On le cultive aussi, en Asie, pour ses jeunes pousses consommées cuites. Au jardin, il pousse aussi bien que le premier, mais la récolte est en général moins généreuse.

    Les deux sont rustiques et se cultivent de la même façon. Si vous cherchez avant tout des baies, préférez Lycium barbarum. Pour comprendre d'où vient la culture et pourquoi le Ningxia a donné son nom aux meilleures baies sèches, on peut lire ce dossier sur l'origine du goji, du Ningxia au Tibet.

  2. Les variétés à gros fruits

    En Chine, la culture du goji a donné des sélections fruitières numérotées, choisies pour la taille et la régularité de leurs baies. Une partie d'entre elles, ou de leurs descendantes, arrive chez nous sous des noms commerciaux qui changent d'une pépinière à l'autre.

    Retenez surtout ceci : une variété sélectionnée et multipliée par bouture reproduit fidèlement ses qualités, avec des baies plus grosses, plus sucrées et souvent une mise à fruit plus rapide, parfois dès la deuxième année. Un plant issu de semis, en revanche, peut donner des fruits très variables. L'écart de prix est généralement justifié.

  3. Goji jaune, goji noir : pour les curieux

    On trouve parfois un goji à fruits jaune orangé, sélection de Lycium barbarum. Il se cultive exactement comme le rouge et donne des baies au goût un peu plus doux. Bonne idée pour varier les couleurs dans une coupe de fruits.

    Le goji noir, Lycium ruthenicum, est une autre espèce, originaire des steppes salées d'Asie centrale. Ses petites baies sphériques, d'un violet presque noir, intriguent. Mais c'est une plante de climat très sec : sous nos pluies régulières, on manque de recul et les résultats des jardiniers amateurs sont inégaux. À réserver à un sol très drainant, voire à un grand pot à l'abri des excès d'eau.

  4. Et le lyciet des haies ?

    Il arrive que l'on croise un lyciet à l'état sauvage, échappé d'un ancien jardin, au bord d'un chemin, sur un talus ou dans une dune. Il s'agit le plus souvent de Lycium barbarum, introduit en Europe depuis plusieurs siècles comme arbuste de haie. Ses fruits sont en général plus petits que ceux des variétés sélectionnées, mais ses rejets ou ses boutures permettent de démarrer une culture sans rien acheter.

    Prudence toutefois avant de goûter quoi que ce soit au bord d'un chemin : seule une identification sûre, feuilles, fleurs et fruits à l'appui, permet de cueillir sans se tromper de plante.

  5. Un plant ou plusieurs ?

    Le goji est autofertile : un seul pied peut fleurir et fructifier seul. Les insectes qui butinent ses fleurs améliorent toutefois la nouaison, et deux plants voisins, idéalement de deux origines différentes, donnent souvent une récolte plus régulière.

    Pour une famille qui veut surtout goûter et sécher quelques bocaux, deux ou trois pieds suffisent. Au-delà, pensez haie fruitière : le goji s'y mêle très bien à d'autres arbustes à petits fruits.

  6. Reconnaître un plant sain

    En jardinerie, prenez le temps de regarder le plant sous toutes les coutures.

    • Préférez un plant de deux ans en conteneur, avec plusieurs tiges partant de la base, à une seule baguette haute et maigre.
    • Les feuilles doivent être d'un vert franc, sans dépôt blanc farineux ni petites boursouflures en forme de cloques, signes de maladie ou d'acariens.
    • Retournez le pot : des racines qui sortent par tous les trous trahissent un plant resté trop longtemps en rayon.
    • Les tiges ne doivent pas être sèches ni noircies au collet.

    Entre professionnels, les plants vendus dans l'Union européenne circulent avec un passeport phytosanitaire, qui suit leur origine. Demandez d'où vient le plant : un pépiniériste sérieux répond sans difficulté.

  7. Quand acheter ?

    Les plants en conteneur sont disponibles presque toute l'année, mais le choix est meilleur au début du printemps et à l'automne, qui sont justement les deux périodes idéales de plantation. Un plant acheté en plein été demandera des arrosages suivis pendant plusieurs semaines.

    Une fois le plant choisi, tout se joue à la plantation : la fiche planter et tailler détaille chaque étape. Et si vous préférez partir de zéro, avec des graines ou des boutures, la fiche multiplier le goji vous attend.

Repères de jardinier amateur, à adapter à votre terrain : deux jardins voisins ne se comportent jamais tout à fait pareil.